FAMILLE FRANCISCAINE DE FRANCE
Artisans de sa paix
Paris, le 16 décembre 2011
Frères et sœurs de la Famille Franciscaine,
Que le Seigneur vous donne sa Paix !
A l’approche des fêtes de Noël, nous souhaitons rejoindre chacun et chacune de vous – comme cela se fait dans les familles – pour présenter nos vœux et aussi rendre grâce des liens de communion qui ne cessent de croître entre nous. Ces liens entre nos différentes branches sont porteurs d’une vraie espérance pour regarder ensemble l’avenir. En tout cas nous, vos ministres et serviteurs, nous partageons cette conviction chaque fois que nous avons l’occasion de nous rencontrer et de travailler ensemble.
Le 25ème anniversaire de la rencontre d’Assise que nous avons célébré, nous a rappelé que l’annonce de la paix nous est une mission commune. L’esprit d’Assise a bien sa source en saint François, sa vie et son œuvre. Nous sommes héritiers du message qu’il confirme dans son Testament : « Comme salutation, le Seigneur me révéla que nous devions dire : ‘que le Seigneur te donne la paix’ » (Test. 23).
La mission de paix, François l’a reçue comme un don du Seigneur Jésus, le prince de la paix. La naissance du Fils de Dieu dans l’indigence lui enseigna que la désappropriation vécue comme chemin de béatitude dispose à la paix. Libre de toute possession et de toute revendication (1Reg 7,13), François et ses frères, ainsi qu’il l’exprimait à l’évêque Guido, ne cherchaient ni querelle, ni moyens pour se défendre : « Si nous avions des propriétés, il nous faudrait des armes pour les défendre. Car elles sont sources d’interminables querelles et procès. Et tout cela n’est qu’entrave à l’amour de Dieu et du prochain. Voilà pourquoi nous ne voulons posséder aucun bien matériel en ce monde » (A.P. 17d). La pauvreté volontaire comme disposition à la paix est aussi ouverture à la fraternité. « Et que quiconque viendra à eux, ami ou adversaire, voleur ou brigand, soit reçu avec bienveillance » (1Reg 7,13). C’est de la fraternité évangélique que découle l’accueil de l’autre comme frère et sœur en Jésus-Christ. Pauvreté volontaire, fraternité, paix sont des repères typiques de l’itinéraire franciscain que nous partageons.
Que peut évoquer cependant le mot de paix face à la violence, au terrorisme et aux guerres qui meurtrissent des millions d’hommes et de femmes ? Dans un monde du profit où dominent les règles d’un marché sauvage, la paix ne serait-elle pas pure utopie pour ceux et celles qui en sont marginalisés ? Quelles actions pourraient pacifier les déséquilibres de la Création que la main de l’homme ne cesse de détériorer ?
Comme un désir profond, insoupçonné, la paix habite au fond du cœur humain, parfois enfouie sous beaucoup de soucis, de stress, de culpabilités et de blessures… Dans les biographies de François, les récits de la rencontre avec le Sultan (1C 57), la réconciliation du podestat et de l’évêque d’Assise (LP 84), l’apaisement du loup de Gubbio (Fior 21) montrent que la paix jaillit de la rencontre, du pardon, de la fraternité… La paix est fruit de la conversion du cœur, d’une vie avec le Christ. La vie selon l’Évangile devient contagieuse, emportant dans son élan d’amour et de bonheur tout homme et toute femme de bonne volonté.
Par choix évangélique, nos fraternités se veulent des écoles de la paix. Ceci ne signifie pas absence de conflits. Il est dans notre nature d’être confrontés à la différence qui peut nous faire peur parfois. Cependant, c’est au quotidien que nous apprenons à gérer les tensions et que nous nous éduquons à vivre ensemble. La paix dans nos fraternités, dans nos communautés, dans nos familles, dans la familles franciscaines, dans l’Église et à travers le monde devient possible chaque fois que les mots de la « Prière pour la Paix », attribuée à saint François, deviennent des gestes concrets, des attitudes tangibles. C’est alors que nous alimentons ce feu que Dieu « Paix » veut voir prendre en tout homme, femme, enfant, vieillard de tous les continents.
Tandis que nous nous disposons à accueillir la Bonne Nouvelle de la Paix, chantée par les anges dans la nuit de Noël, puissions-nous devenir fils et filles de Dieu en étant artisans de sa paix.
Frère François BUSTILLO, OFMConv - Custode des Frères Mineurs Conventuels de France
Frère Dominique Joly, OFM Franciscain - Provincial des Frères Mineurs Franciscains, Province des Trois Compagnons
Frère Benoît Dubigeon, OFM Franciscain - Provincial des Frères Mineurs Franciscains, Province du Bienheureux Pacifique
Frère Pio Murat, OFMCap - Provincial des Frères Mineurs Capucins France-Wallonie
Sœur Monique ALLARD, OSC - Présidente Fédérale des Sœurs Clarisses
Sœur Elisabeth ROBERT - Conférence Congrégations Franciscaines
Régis LAITHIER et François BLANTY - Co-ministres nationaux de la Fraternité Franciscaine Séculière
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